Copies d’examen en breton : l’Etat s’enfonce dans la discrimination

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Crédit photo : Milio Latimier

Le couperet de l’Éducation nationale vient de tomber encore une fois sur les langues dites « régionales ». Les copies des quinze lycéens ayant décidés de passer leur épreuve de mathématiques en breton ne seront clairement pas corrigées de manière équitable malgré une pétition ayant recueilli près de 15 000 signatures. La consigne était claire : corriger ce qui relève du langage mathématique et du français. Alors qu’il existe pourtant des correcteurs brittophones habilités pour les mathématiques. Tout cela rappelle ainsi une époque que l’on croyait dépassée.

Comme en réponse, pas loin de 250 collégiens bretons et basques ont décidé de passer leur épreuve de sciences dans leur langue d’apprentissage. Chose encore interdite. Pourtant l’année dernière les copies des élèves de troisième qui avaient rédigé en basque avaient été corrigées.

L’UDB Yaouank assure de son soutien les jeunes lycéens qui ont eu le courage de prendre un risque pour leur avenir pour défendre ce qui est juste et de leur droit.

Ce triste épisode, qui n’en est qu’un parmi de multiples coups de canif donnés par l’État à l’enseignement des langues dites « régionales », ne fait que démontrer une fois de plus la nature jacobine jusqu’à l’extrême des institutions gouvernementales. Et du dogme qui accompagne la langue française.

En permettant aux lycéens de ne passer que l’épreuve d’histoire-géographie en breton, une matière qui est elle-même de plus en plus vue comme secondaire par l’Éducation nationale, ne pouvons-nous pas y voir la volonté de cloisonner le breton comme simple langue d’intérêt culturelle (pour ne pas dire folklorique) comme l’est aujourd’hui le latin ? Le soutien inexistant de l’État aux écoles Diwan ou les refus catégoriques de reconnaissance ou de co-officialité de ces langues ne font que confirmer la volonté générale de l’État de les pousser vers des langues réellement mortes qui n’auraient qu’un intérêt limité.

Nos langues sont aujourd’hui menacées à très court terme. Non pas que leur temps soit venu mais bien en raison d’une caste jacobine au pouvoir dans un État centralisé qui impose à tous sa seule vision ethno-centrée franco-parisienne. Voyant toute tentative de différenciation comme une attaque directe à leur fantasme d’une République une, indivisible et éternelle et non pas comme une richesse pourvoyeuse d’ouverture, de pluralité et de respect.

Ainsi, un véritable statut public doit être donné aux écoles Diwan afin de pérenniser l’enseignement du breton en immersion. Mais aussi, une co-officialité devrait un jour naître afin de permettre aux Bretons, Basques, Corses ou Alsaciens de vivre réellement leur langue avec la langue française et non pas contre elle comme voudraient le croire ceux qui portent comme un étendard l’article 2 de la Constitution comme quoi « La langue de la République est le français ».

Pourtant il n’y a pas si longtemps à Quimper, un certain Emmanuel Macron avait proposé un nouveau pacte girondin aux régions et avait assuré que l’enseignement des langues « régionales » devait être pérennisé… Les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

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