Retour du service national : une décision verticale et paternaliste

running soldiers carrying weapons

En Marche… arrière toute ! Il faut dresser la jeunesse. Difficile de revenir au service militaire de nos pères mais dans le concept on s’en rapproche puisque cela se fera en internat pour une durée sans doute d’un mois.


Sa mise en place paraît extrêmement compliquée. Environ 600 000 jeunes par an à accueillir dans des structures inexistantes, l’armée n’ayant plus les capacités d’accueillir toute une génération, après les ventes massives de casernes. Les coûts seront donc exorbitants alors qu’on réduit les budgets partout : entre 2 et 4 milliards d’euros selon les premières données. Alors que nos universités auraient besoin de cet argent pour accueillir les futur·e·s étudiant·e·s, on voit quelle est la priorité du gouvernement…

Mais plus que les coûts c’est l’intérêt de la démarche qui est à questionner. On nous promet un service qui serait plus civique que militaire (bien qu’encadré sûrement par les militaires) mais le service civique existe déjà et ne demande qu’à être développé. C’est environ 100 000 jeunes qui font le choix tous les ans de faire un service civique, et on sait que la demande est plus forte que l’offre. Ces services civiques ont une vraie utilité sociale et favorise souvent la mixité sociale car c’est un engagement. Tel individu choisit de s’investir dans telle association qui lui permet de voir un autre milieu social que le sien. Or, le service national universel sera obligatoire et les jeunes n’auront guère de choix, comme nos pères n’en avaient pas. Comment valoriser la valeur d’engagement si c’est obligatoire ? On nous dit que cela pourrait servir à apprendre les gestes de premiers secours. C’est évidemment une bonne chose mais dans la loi est inscrit l’obligation d’apprendre les gestes de premiers secours à l’école mais les moyens ne sont pas mis sur la table pour généraliser cet enseignement. Il faudrait peut-être commencer par là.

Enfin l’idée de recréer une sorte de conscription nationale va à l’encontre de nos idéaux européens. Le service militaire servait à répondre à un climat de tensions européen qui n’existe plus aujourd’hui. Au contraire il faut aller vers la coopération avec les armées des différents États européens dans l’objectif de créer une armée européenne. Cela permettrait à l’Europe de parler d’une seule voix et de renforcer son poids diplomatique à l’échelle mondiale, alors qu’en ce moment elle est inaudible, sur ce qui se passe en Syrie par exemple.

On peut également se questionner sur la volonté de Macron dans cette affaire. Il y a un côté autoritaire dans cette démarche, encore une fois de monarque républicain. Qu’y a-t-il de moderne dans sa volonté de restaurer un service national ? Sa vision de la France est très réactionnaire. A-t-on pensé à demander aux jeunes leur avis à ce sujet ? Encore une fois c’est une décision très verticale et paternaliste.

Nous affirmons donc que nous ne souhaitons pas voir le retour d’un service national obligatoire sous quelque forme que ce soit, il ne répond à aucune réalité et ne renforcerait pas la cohésion nationale.

 

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