Rennes2 vit au rythme des manifestations

Depuis le début de la mobilisation contre le projet de loi travail, le campus de Rennes2 est en effervescence. En février se sont tenus les premiers grands rassemblements et depuis chaque semaine la communauté étudiante s’affaire à organiser la lutte.

Faisons un récapitulatif des événements : mardi 22 mars blocage des voies ferrées, mercredi se tenait l’assemblée générale en vue de préparer la manifestation du lendemain. Près de 600 présents à l’AG et pratiquement 3 000 personnes dans la rue. Même après un mois de lutte l’intensité du mouvement ne faiblit pas. Le campus vit au rythme de ces rendez-vous.

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En Assemblée Générale, des orateurs accomplis passionnent l’auditoire étudiant. Militant ou non, chacun peut s’exprimer et donner son avis. Levez la main et on vous donnera la parole, montez à la tribune et les centaines de présents vous écouterons, proposez au vote une proposition et ensuite elle sera approuvée ou non à mains levées. Telles sont les pratiques de l’AG. Les votes peuvent porter sur des sujets extrêmement divers. On peut aller du temps de parole à la création d’un comité de lutte contre le sexisme, comme cela vient d’être fait, en passant par le blocage. Sur cette dernière question, les débats de mercredi dernier ont été houleux. Les « pro-blocages » invoquent la nécessité de paralyser le système et de faire plier l’ordre établit. Ce à quoi répondent les « anti-blocages » que bloquer la fac c’est empêcher les étudiants de venir et rater l’occasion de les convaincre de la nécessité de se battre pour nos droits. Ce mercredi 23 mars le soleil rayonnait, devant le hall B il y avait foule. Il devait notamment être voté le blocage ou non pour le lendemain. Une douzaine d’intervenants se succède sur les escaliers. Les débats sont clos, place au vote main levée. « Qui est pour ? » demande la tribune, une forêt de mains se lèvent, « qui est contre ? » pareil. L’issue semble incertaine. Pour faciliter le décompte : les « pour » à droite et les « contre » à gauche. Les assesseurs comptent. Le contre l’emporte alors à une large majorité. Satisfaction des uns et mécontentement des autres, quelques quolibets se font entendre. L’AG poursuit son ordre du jour.

Ces assemblées sont de véritable lieu d’échanges sur la forme que doit prendre le mouvement. Tous ont droit de participer aux débats mais on constate que la prise de parole est captée par les mêmes personnes, souvent syndiquées ou politisées. En revanche, à mesure que les assemblées se succèdent et que l’information circule, de nouveaux visages apparaissent à la tribune. Preuve que plus les jours passent et plus les étudiants se familiarisent avec ce genre de démocratie directe.

Le hall B est devenu le centre névralgique de l’action, une vraie agora étudiante. Lorsque l’on y entre, est affiché de part et d’autre des murs le programme de la semaine ainsi que les revendications phares. Rien que lorsqu’on fait face au bâtiment B, on voit où se joue l’action. Les vitres font office de panneaux d’informations avec des slogans comme « Rennes2 belle et rebelle ». De plus, la présidence a accordé l’occupation du grand amphi B8, il permet ainsi aux différents comités de se réunir. Comme à la ferme, il y a toujours quelque chose à faire. Sur le pont dès 6h du matin, des étudiants engagés dans cette cause font preuve d’un activisme exemplaire. On commence d’abord par dresser les barrages filtrants, faites de chaises et de tables. Ensuite, on peut tracter dans les amphis avant le début des cours. Après, il faut prendre un stylo et écrire sur de vieilles affiches électorales les actions à venir afin de les placarder dans tout le campus. L’ambiance est bon-enfant, musique et collation accompagnent les volontaires avec un parfum de crêpe qui vient du stand de dehors. Nombreux sont ceux qui viennent prêter main forte dans la journée pour aider à tracter, imprimer, livrer, cuisiner. Bref, ça n’arrête jamais.

Cette semaine est décisive. Le projet de loi passe devant l’Assemblée Nationale. Aujourd’hui, mercredi 30 mars une AG a statué sur la suite des opérations d’autant plus que la Coordination Nationale Étudiante se tiendra en fin de semaine à Rennes2. Jeudi sera assurément une journée mémorable où en Bretagne, comme partout en France, étudiants, lycéens, chômeurs et salariés vont battre le pavé pour en finir avec cette politique gouvernementale détachée des aspirations du peuple.

Dylan Epinat

Voir aussi l’article du Peuple Breton sur la manifestation étudiantes du 24 mars à Rennes.

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