A Vannes, l’alcool est prohibé chez les étudiants !

Le village étudiant de Vannes est frappé par un arrêté d'interdiction de consommation et de transport d'alcool

Le village étudiant de Vannes est frappé par un arrêté d’interdiction de consommation et de transport d’alcool

 Mardi 30 septembre, lors d’une réunion publique dans le quartier de Cliscouët, le Maire UMP de Vannes David Robo a annoncé la publication très prochaine d’un arrêté anti-alcool concernant la zone du village étudiant, à proximité de l’IUT. Cet arrêté doit prévoir l’interdiction pure et simple de transport et de consommation d’alcool dans cette zone.

Au delà du caractère anormalement répressif et attentatoire de cet arrêté, le Maire effectue par cet acte une grave erreur. Au delà de vouloir résoudre le problème de l’alcool et des nuisances sonores pour le voisinage à coup de

baguette magique, il ne fait que déplacer le problème d’un quartier à un autre, si bien qu’à terme tous les quartiers vannetais pourraient bénéficier d’une telle interdiction.

Cette mesure paraît de plus bien inefficace car elle n’ouvre que peu de possibilités supplémentaires pour les forces de police. En effet, de l’aveu même des policiers, leur seul pouvoir de coercition est de vider les bouteilles d’alcool alors que les étudiants ont tout loisir, voyant les gyrophares arriver, de rentrer dans un appartement voisin. Il est même interdit aux policiers de fouiller des étudiants ainsi que leurs affaires, quelqu’un glissant sa bouteille dans un sac à dos et la buvant devant un agent ne saurait être inquiété. On est donc davantage dans l’effet d’annonce que dans une politique volontariste pour stopper les désagréments.

Mise en page 1Cet arrêté est repris allègrement dans les faits divers des différents médias. Cela participe à la stigmatisation  du milieu estudiantin qui mériterait au contraire d’être valorisé. Cette annonce est intervenue à peine deux jours avant l’événement annuel de la Journée de l’Etudiant à Vannes, où 1500 étudiants se sont réunis jeudi 2 octobre dans l’après-midi dans une ambiance bon enfant et chaleureuse. Des partenaires solidaires tels que le Don du Sang ou la Banque Alimentaire y étaient également conviés. Ce travail acharné initié par le collectif des associations étudiantes vannetaises visant également à redorer son image aux yeux de l’opinion publique a volé en éclat le temps d’une annonce, deux jours auparavant….

Mais le Maire de Vannes n’est pas le seul à se tromper dans ses choix. Il est ainsi aidé par la directrice de l’Université Catholique de l’Ouest (campus Bretagne-Sud) Sylvie Murzeau, qui a fait le même choix que le Président de l’Université Bretagne-Sud Jean Peeters un an auparavant, d’interdire purement et simplement l’organisation de soirées alcoolisées par les associations relevant de leurs établissements. Pourtant, les responsables associatifs vannetais considèrent à l’unanimité que les soirées organisées en leur sein sont justement les plus sécurisées pour les étudiants, avec la mise en place de navettes gratuites et de moyens de prévention. En fermant les yeux sur la réalité de la vie étudiante, le Maire de Vannes et les Présidents d’Université contribuent ainsi à la consommation d’alcool de manière irraisonnée, en petits groupes, et dans des zones à risques telles que l’esplanade du port à Vannes, où des accidents mortels ont malheureusement eu lieu ces dernières années.
L’hypocrisie est poussée à son paroxysme lorsque le Président de l’Université Bretagne-Sud répond aux élus étudiants dans la presse (Le Télégramme, Vannes, 3 octobre 2014) qu’il maintient l’interdiction de vente ou de consommation d’alcool dans son établissement conformément au règlement intérieur, alors que les coupes de champagne sont légions lors des différents colloques, voeux ou cérémonies dispensés à l’intérieur même de la Faculté. 
Afin de lutter contre la surconsommation d’alcool, le Maire et les Présidents d’Université devraient faire preuve de courage, et agir en faveur d’actions de prévention. Ces mesures d’interdiction ne servent en définitive qu’à les exonérer de toute responsabilité en cas d’incidents, sans jamais apporter l’once d’une solution au problème des addictions et des nuisances.

L’UDB Jeunes appelle le Maire de Vannes, le Président de l’Université Bretagne-Sud ainsi que la directrice de l’Université Catholique de Ouest Bretagne-Sud à se réunir et à trouver de concerts avec les organismes de prévention et les représentants étudiants élus ou associatifs des solutions durables et préventives à la consommation d’alcool nocturne, sans se dédouaner de leurs responsabilités.

Victor Gallou

Référent de l’UDB Jeunes en Morbihan

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