L’Université dans une Bretagne autonome

lru-1Pour sa quatrième contribution au débat sur la décentralisation, l’UDB Jeunes laisse la parole à Victor Gallou, référent UDBy pour le Morbihan et étudiant en droit à l’Université de Bretagne Sud. Que peut penser un parti autonomiste de gauche de l’autonomie des unniversités? 

Lorsqu’on parle aujourd’hui de l’Université en France, le débat porte sur une opposition supposée entre égalité et efficacité. Certains sont partisans d’une autonomie financière (pouvant à terme déboucher sur un apprentissage à deux vitesses tant les inégalités entre les territoires sont fortes), d’autres demandent une égalité stricte, à savoir qu’elles fourniraient des diplômes équivalents, des formations équivalentes, uniformément sur tout le territoire français.

Mais n’existe-t-il pas une troisième voie ?

 Pour nous, l’égalité des universités n’est remise en cause par leur autonomie que dans la mesure où le modèle actuel a été mis en place dans une logique de mise en concurrence des établissements. Si une péréquation forte était garantie, la possibilités pour les universités de mettre en place des stratégies de recherche et d’enseignement adaptées à leurs situations respectives serait un atout, tant pour les étudiants que pour les chercheurs. Selon le territoire où elles se situent, les universités font face à des besoins différents. Pourquoi continuer à se borner à délivrer des diplômes équivalents partout dans l’hexagone quand c’est justement la diversité des formations et des enseignements qui fait leur force?

Ainsi, laisser une marge de manoeuvre plus grande encore pour les universités en terme d’orientation serait bénéfique et plus encore, créer des passerelles entre les filières (droit et économie, lettres et communication, biologie et aménagement du territoire…) pour développer la recherche, l’innovation, mais aussi investir des secteurs en mal de renouveau car pour l’heure encore trop formatés. L’idée est ainsi de sortir de ces « troncs communs » qui ne font au final que mener des milliers d’étudiants à obtenir les mêmes diplômes, avec les mêmes enseignements et les mêmes compétences pour ensuite entrer en compétition pour les mêmes postes. Là où une personne obtiendra un emploi en fonction de sa formation, d’autres devront finalement se résigner à trouver un emploi moins bien qualifié, ou se réorienter complètement.

Aujourd’hui, l’avenir est également aux facultés de proximité et l’on ne peut que se réjouir de la réussite de l’Université Bretagne-Sud sur ce point. Enfin une fac qui ne ressemble pas à une usine à étudiants, où les étudiants ne sont pas perdus dans un interminable dédale administratif ! La qualité de l’apprentissage n’en est que renforcée. Car il ne faut pas s’y méprendre, plus un amphi est plein, moins la cohésion et l’esprit d’entraide ne se forme, et plus l’individualisme prend le pas. C’est comme cela que des dizaines voire des centaines d’étudiants de chaque formation restent sur le carreau à la fin de la première année.

Les étudiants auraient donc tout à gagner à une gestion régionale des universités qui prendrait le contre-pied des politiques de concentration et de mise en concurrence qui ont prévalu ces dernières années.

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