Un avenir pour nos langues !

br2Labour ‘zo evit  ar re yaouank an UDB ! E keñver an digreizennadur gwir dreist-holl. Sed amañ ur pennad skrivet gant Maxime Touze, ezel ar re yaouank. An traoù-se ‘zo bet lavaret meur a wech dija met dalc’homp soñj abalamour n’eo ket echu !

Inutile de rappeler que l’avenir des langues de Bretagne et d’une grande partie des langues en France est en grand danger d’extinction. Il semblerait que seule la classe politique jacobine y soit totalement aveugle (volontairement sans l’ombre d’un doute).

En tant que jeune apprenant du breton, je ressens cette non-reconnaissance comme une véritable attaque à notre identité et à la diversité. Ce qui fait la richesse de la France c’est la diversité de son territoire, de ses régions, de ses identités.

Comme il serait logique que dans d’autres domaines (eau, transports,…) certaines compétences soient transmises aux régions pour une meilleure efficacité, les compétences linguistiques doivent suivre également. Les régions sont les mieux à mêmes de voir les besoins et les moyens à mettre en place. Ce que réclame la région Bretagne depuis des années. On ne peut nier que les efforts en cette matière de la part de la région sont réels et encourageants, mais ils sont aussi insuffisants par manque de moyens. Le nombre de locuteurs du breton et du gallo ne cesse de diminuer! Il manque toujours un nombre important de professeurs en langue bretonne et les parents d’élèves n’ont pas toujours la possibilité d’inscrire leurs enfants dans une école bilingue.

 Ce que j’attends de cette nouvelle décentralisation qui se dessine, c’est un engagement fort pour les langues régionales de la part du gouvernement comme promis par le président François Hollande lors de sa campagne. La principale mesure à prendre est la ratification de la charte des langues régionales ou minoritaires. Cela permettrait enfin à nos langues d’avoir un statut légal et une protection dont elles ne jouissent pas à présent.

Il faut continuer les efforts en matière de bilinguisme public (signalétique…), autoriser la création de livrets de famille bilingues, faire en sorte que le bilinguisme puisse se faire partout où il est désiré. Il est tout à fait reconnu qu’un enfant qui parle deux langues dès son plus jeune âge va apprendre d’autres langues plus facilement et aura des facilités dans d’autres matières scolaires (les mathématiques par exemple). Il est donc nécessaire de renforcer la présence d’écoles bilingues sur notre territoire. Nous avons besoins de locaux, de professeurs, donc par conséquent de plus de moyens ; le partage du service public de l’enseignement entre les régions et l’Etat permettrait quand à lui d’ajouter une véritable volonté politique dans l’organisation de l’enseignement des langues minorisées. Les régions gèrent déjà les bâtiments et les personnels des lycées, pourquoi ne pas aussi les professeurs, les options et les programmes ?

br1Il me semble important aussi de renforcer la communication en breton auprès de la population. Les gens doivent savoir que parler breton « sert » à quelque chose, que l’on peut avoir des emplois plus facilement et non délocalisables, vivre et travailler au pays !Parler breton est un atout incontestable. Et le nombre de métiers s’ouvrant au breton ne cesse d’augmenter. Il y a donc de véritables débouchés. Pour cela je pense qu’il serait souhaitable de mettre en place des intervenants dans les lycées, en particulier en terminale lorsque l’orientation se fait pour présenter les débouchés en langue bretonne et également les aides mises en place par la région auprès des étudiants qui s’engageraient à devenir professeurs (dispositif Skoazell).

Une véritable décentralisation doit permettre également la mise en place de programmes audiovisuels en langue régionale, il y a une forte demande de ce côté là. C’est un moyen de faire vivre la langue. Des projets existent et ne demandent que des moyens supplémentaires, comme le projet d’une chaîne télévision musicale bretonne multilingue (breton, gallo, français, anglais et allemand) demandé par Breizh Impacte.

Il ne faut pas non plus oublier la place du gallo, qui au même titre du breton fait partie des langues de Bretagne. Les associations de défense du gallo (Bertaèyn galeizz,…) ont un rôle à jouer pour faire ressortir des propositions concrètes. Le gallo doit jouir du même statut de reconnaissance que le breton.

Voilà comment je vois et comment j’espère voir la Bretagne dans le futur : une région où nos langues puissent côtoyer le français et les langues des immigrés sans ambiguïté, dans le respect dû à chaque langue. Ce serait une Bretagne où nous pourrions aller à la Poste et y parler la langue de notre choix (breton-français-gallo). Une Bretagne où tout parent aurait la possibilité de choisir une école bilingue ou non pour ses enfants. Une Bretagne où nous pourrions choisir un programme en langue bretonne un soir, puis un en français le lendemain. En cela c’est un véritable enrichissement qui ne peut faire que rayonner encore plus la voix de la Bretagne et de la France dans le monde par sa tolérance et son ouverture.

MaximeTouzé

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