Retour sur l’action de Saint-Malo

Lors de notre dernier weekend militant, nous avions choisi de mettre en avant la thématique du logement et plus précisément le problème des résidences secondaires. Le sérieux du sujet comme la forme ludique de l’événement (nous invitions les passants à pointer sur une carte des villes choisies parmi les plus touchées par le phénomène) avaient attiré l’attention de nombreux Malouins, mais aussi de gens de passage qui nous avaient fait part des réponses politiques apportées à la question dans leurs régions respectives.

Si la Bretagne est très touchée par cette forme discrète de domination économique qu’est l’achat de résidences secondaires, avec certaines communes comptant plus de 50% et jusqu’à même 70% de résidences secondaires, devenant de fait des réserves touristiques pour vacanciers aisés, d’autres territoires souffrent du même problème: ainsi la Cornouailles (d’outre-Manche),  a vu la beauté de son littoral se transformer en cadeau empoisonné en devenant la première région britannique en terme de résidences secondaires (1). Et le cas est encore plus dramatique qu’en Bretagne puisque la Cornouailles est un territoire essentiellement côtier, et qu’il est donc entièrement touché par la hausse des prix (2). Une partie des habitants est ainsi contrainte à l’émigration.

Comme la Bretagne, la Cornouailles est considérée comme un territoire périphérique par les autorités de Londres. Le Mebyon Kernow, parti de gauche autonomiste partenaire de l’UDB, y défend la création d’une collectivité spécifique dont une des attributions serait justement de rééquilibrer la politique du logement en réduisant le nombre de nouvelles constructions et en les réorientant vers des besoins locaux (3).

Plus au Sud, ce sont les îles de Méditerranée qui sont menacées par le « parti du béton »(4) : en Corse, où les autonomistes dénoncent la privatisation du littoral, comme en Sardaigne où le choix par le gouvernement local d’utiliser le statut autonome de l’île pour adopter une loi protectrice des littoraux et une fiscalité sur les résidences secondaires a provoqué en 2009 un bras de fer avec Silvio Berlusconi.

Ici comme ailleurs, l’autonomie politique est l’outil qui nous manque pour construire une économie soutenable, c’est à dire fondée sur les besoins et les possibilités du territoire et de la population.

(1)  http://www.guardian.co.uk/money/2012/oct/22/cornwall-revealed-second-homes-hotspot

(2)  http://www.guardian.co.uk/money/2012/oct/22/view-second-home-capital?newsfeed=true

(3)  http://www.mebyonkernow.org/policies/policy.php?id=10

(4) http://www.p-n-c.eu/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&cntnt01articleid=96&cntnt01dateformat=%25d%2F%25m%2F%25Y&cntnt01lang=fr_FR&cntnt01returnid=105

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