Un espoir pour les Imazhigen de Libye: l’UDB-Y solidaire

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De retour d’un voyage dans la Libye libérée de la dictature de Kadhafi, François Alfonsi, député européen de Régions et Peuples Solidaires, animait une conférence-débat dédiée à l’avenir des Imazhigen. L’UDB Yaouank y était, aux côtés des nombreux membres du Congrès Mondial Amazigh dont Belkacem Lounès, Fethi n Khelifa et Kamel Saïdi. Eva Joly avait elle aussi fait le déplacement.

 François Alfonsi a commencé par rappeler l’universalité de la lutte pour le droit à la diversité culturelle, que ce soit au niveau de l’Etat français avec Régions et Peuples Solidaires, au niveau européen avec le groupe Verts-ALE ou, dans le cas du CMA, de l’Afrique du Nord dans son ensemble. Les droits dits des minorités sont en effet un indicateur du niveau de démocratie d’une société, de sa capacité à accepter la différence non comme un ségrégation mais comme la reconnaissance de l’humanité de l’autre.

L’Europe a un rôle à jouer dans la défense de la culture Amazighe. À titre d’allié d’une part, en soutenant sur son territoire l’enseignement d’une langue réprimée dans ses pays d’origine et en conditionnant les traités de partenariat économique au respect des droits des Imazhigen, et d’autre part en tant que modèle: de nombreux Etats européens ont adopté le fédéralisme différencié pour permettre une démocratie réelle, à l’exception regrettable de la France. Eva Joly a rappelé le cas des Saamis en Norvège, minorité très discriminée dans les années 1950 mais dont la reconnaissance politique a permis l’intégration à la nation norvégienne bien mieux que l’acculturation n’aurait pu le faire.

C’est ce modèle de décentralisation et de pluralité linguistique que souhaitent mettre en place les Imazhigen de Libye afin que la construction de l’Etat libyen se fasse sans perdants, sans l’inégalité qui s’installe de fait quand un groupe centralise le pouvoir et impose sa culture. Ce risque est réel en Libye, où le CNT, composé notamment d’anciens membres du régime de Kadhafi , cherche à imposer la Charia comme source de loi et à nier l’existence du peuple Amazigh. Ce peuple a pourtant été un des principaux acteurs de la Libération: c’est lorsque les combattants partis de l’Adrar Nefoussa, en pleine renaissance de la culture Amazighe, ont fait leur jonction avec les combattants de Misrata et pris Tripoli que le régime kadhafiste s’est effondré. Pour éviter les déséquilibres qu’entraînerait l’imposition d’un Etat unitaire à la française, il est urgent que les Imazighen et leurs camarades autonomistes européens se fassent entendre.

D’ Eva Joly au CMA, la convergence entre lutte pour l’autodétermination et revendication écologiste est brillamment illustrée par l’exemple des Touaregs du Niger, qui voient leur mode de vie compromis par les activités d’Areva: avec la complicité du gouvernement nigérien, la filière nucléaire française contamine des puits vitaux pour les éleveurs nomades, l’extraction d’uranium passant bien avant la santé d’un peuple marginalisé au sein d’un Etat issu du découpage colonial. Si les revendications des Touaregs portant sur le fédéralisme différencié avaient été mises en oeuvre par l’Etat nigérien, nul doute que l’industrie nucléaire n’aurait pu piétiner les droits vitaux d’un peuple qui a bien conscience que les équilibres écologiques sont essentiels à la vie humaine

 À côté de la santé, l’éducation est la priorité pour des populations en moyenne très jeunes; elle est la condition de la renaissance culturelle des peuples amazighs, de leur capacité à s’auto-administrer et à s’affirmer comme citoyens à part entière dans des Etats qui les regardent encore avec méfiance. L’UDB avait déjà porté la question des droits culturels des Imazhigen à l’atelier « Jeunesse » du Congrès de l’émigration tunisienne; solidaire de la jeunesse amazighe qui lutte aux premiers rangs pour assurer un avenir digne à son peuple, L’UDB Yaouank appelle à participer aux manifestations de soutien le samedi 17 décembre à 15 heures, place de la Mairie à Rennes et devant l’Assemblée Nationale à Paris.

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