Alternance et emploi des jeunes: l’Etat et le patronat se moquent de la jeunesse

Mardi 7 juin 2011

UDBY_gwenLes représentants des syndicats et du patronat se sont rencontrés à plusieurs reprises pour tenter de trouver un accord sur l’emploi des jeunes afin de pouvoir modifier la proposition de loi Cherpion qui est examinée aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Le patronat a montré à plusieurs reprises une attitude inflexible et son incapacité fondamentale à permettre de réelles avancées dans ce dossier.

Les négociations avaient commencé très fort puisque dès le 11 mai le patronat avait proposé un texte comprenant notamment la possibilité d’adapter les horaires des apprentis « pour permettre aux jeunes de participer pleinement aux activités de l’entreprise ». Cette stipulation ouvrait la porte à toutes les dérives revenant à considérer davantage l’apprenti comme un intérimaire remplaçant un salarié que comme un apprenant. Cela a été relevé par les syndicats.

Malheureusement pour la jeunesse, la séance de négociation suivante qui a eu lieu le 31 mai n’a pas amenée beaucoup d’avancées. Notons toutefois quelques progrès concernant les stagiaires puisqu’un délai de carence entre deux stages sera le même qu’entre deux contrats à durée déterminée, ce qui devrait limiter le recours abusif aux stagiaires pour remplacer des salariés, et que l’employeur devra informer tous les 3 mois les représentants du personnel du recrutement des stagiaires. En revanche, concernant l’alternance, le patronat a refusé toute idée de seuil de recrutement minimum d’apprentis, tout comme à la fin des années 80, le patronat avait préféré payé une redevance que d’embaucher des personnes en situation de handicap.

Au vu de ces éléments, rien ne permet de penser qu’un accord comprenant des avancées significatives pour l’emploi des jeunes sera trouvé avant aujourd’hui. C’est malheureusement la seule possibilité d’amender le texte de la proposition de loi Cherpion qui ne permettra en rien de résoudre le problème de l’emploi des jeunes. En effet les mesures les plus novatrices sont l’obligation pour les entreprises de plus de 250 salariés de recruter au moins 4% d’apprentis (sous peine de subir un malus qui ne dépassera pas 2 pour mille de la masse salariale de l’entreprise), la possibilité de renouveler sous conditions le contrat de professionnalisation et la possibilité pour deux employeurs saisonniers d’embaucher le même apprenti. On ne voit pas comment ces mesures permettront d’atteindre un réel développement de l’alternance en Bretagne, comme ailleurs.

Pour les jeunes de l’UDB, la proposition de loi Cherpion ne permettra en rien d’améliorer la situation de l’emploi des jeunes en Bretagne. La solution passe par le développement des ressources propres et des compétences des régions, par un rapprochement systématique des politiques des CFA des cinq départements bretons, par un dialogue soutenu d’une part entre les différents acteurs de l’insertion en Bretagne et d’autre part entre collectivités territoriales afin de permettre la généralisation des expérimentations locales les plus efficaces en matière d’insertion des Jeunes.

Pour les Jeunes de l’UDB,

Julien le Bot, Porte-parole

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s